de Catherine Sabbah

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La république de l'Architecture
La tour de l’autoroute

La tour de l’autoroute

 

Ca y est, j’y suis. Illumination matinale. Il suffisait de marcher sur le terre plein central, plutôt un étroit muret, de la bretelle d’autoroute A55 qui rentre en ville à 110 à l’heure pour comprendre enfin ce gratte-ciel. Vision toute subjective sans doute, mais quand même. La tour de CMA-CGM, conçue par Zaha Hadid qui surplombe désormais le port de Marseille et la ville entière est cinétique. Et le dictionnaire ne me donne pas tort. Cinétique: se dit de l’énergie d’un solide en translation, vitesse d’un corps en mouvement. A bien regarder cette tour, au plus près, elle reprend les lignes des routes qu’elle domine, comme si elle même fuyait dans une autre direction. Prouesse d’architecte, sa courbe est en parfaite harmonie avec le mouvement des voitures qui passent à hauteur de son quatrième étage. Prouesse d’ingénieur, pour suivre cette ligne, la structure se plie, se tord, se penche sans angle et  file à la verticale entraînant avec elles des panneaux de verre tous uniques ou presque. Prouesse d’urbaniste, sur le papier, ou vue d’en haut, ou de là où je me trouve c’est à dire jamais aucun piéton, la démonstration est sans doute implacable d’intégration dans le site. Mais quel site au fait? Au sol, l’espace est étroit, les trottoirs ridiculement peu large et le piéton perdu entre des tonnes de béton zigzague entre des piliers d’autoroute. Vue d’un peu plus loin, la tour émerge d’on ne sait trop où. De plus loin encore elle rougeoie dans les rayons du coucher de soleil. Depuis l’intérieur, il n’y a pas photo, vue à 360° unique et non partageable. Pour quel site déjà?

 

Photo Laurent Weyl

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